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La Flandre et la Wallonie misent sur l’économie circulaire

Les gouvernements flamand et wallon mettent toutes voiles dehors dans la transition vers l'économie circulaire. C'est d'ailleurs la seule solution : si nous voulons sauver la planète, nous devons veiller à ce que les matières premières restent le plus possible dans le circuit économique au lieu de les soutirer chaque fois à la terre.

En Flandre, la transition vers une économie plus circulaire fait partie des sept priorités de « Vision 2050 », le document stratégique qui définit des objectifs transversaux à long terme.

La Société publique flamande pour les déchets (OVAM) a créé la cellule « Vlaanderen Circulair » pour accompagner la transition en soutenant la constitution de partenariats et la propriété partagée. La cellule rassemble aussi les connaissances et confie des missions de recherche ciblée présentant un intérêt pour la politique. Enfin, elle stimule l’innovation et l’entreprenariat dans le domaine de l’économie circulaire.

La Wallonie ne reste pas non plus les bras croisés. Des parlementaires de divers partis ont rédigé, avec la Fondation Roi Baudouin, un rapport soulignant l’importance de l’économie circulaire. D’ici 2030, la transition doit permettre de réduire de 30 % les besoins en matières premières primaires et de moitié les émissions de CO2. En outre, elle peut créer à court terme 36 000 nouveaux emplois, rien qu’en Belgique.

Pour accélérer la transition, les auteurs plaident pour l’institution d’un ministère de l’économie circulaire, la stimulation de l’achat de biens circulaires par les autorités publiques et le rassemblement des divers acteurs concernés par l’entreprenariat circulaire.

 

1.800 milliards d’euros d’économie grâce à l’économie circulaire

Le chiffre est impressionnant. Et pourtant étayé. Le cabinet McKinsey a en effet calculé que le développement de l’économie circulaire permettrait aux pays européens de réaliser cette jolie économie en 2030.

Soixante pour cent des matériaux de rebut ont été soit mis en décharge ou incinérés, tandis que seulement 40 % ont été recyclés ou réutilisés. Les voitures restent stationnées 92 % du temps. Nos bureaux sont occupés en moyenne 35 % à 50 % du temps même pendant les heures de travail. « L’économie européenne est étonnamment gaspilleuse dans sa façon de créer de la valeur », estime les auteurs de l’étude Growth within: A circular economy vision for a competitive Europe.

Or , selon eux, l’adoption de l’économie circulaire et une meilleure utilisation des moyens de production pourraient changer cela. Et même développer la production des ressources de 3 % par an et augmenter le PIB jusqu’à sept points avec un impact positif supplémentaire sur l’emploi. Au total, ce sont 1.800 milliards d’euros qui pourraient être économisés par an !

Cela dit, le cabinet de conseil l’admet, obtenir de tels gains ne sera pas simple et exigera un lourd investissement. Il nécessitera en outre que l’économie circulaire devienne le prochain grand projet européen d’économie politique.

Les détails de l’étude sont à lire ici.

6.000 emplois dans l’économie circulaire à Bruxelles

D’ici la fin 2015, la Région va lancer Prec, un plan pour doper l’économie circulaire.

L’objectif du plan ? Créer une plateforme mettant en contact les entreprises désireuses d’instaurer des synergies entre elles. Des exemples ? Une brasserie qui récupère du pain invendu dans une grande surface pour le transformer en bière, une société chimique qui fournit son excédent d’eau déminéralisée à une autre, une entreprise intéressée par les camions qui reviennent à vide après avoir déchargé des déchets d’une autre société…

Un peu plus de 11 millions d’euros seront alloués à Prec pour que Bruxelles devienne un acteur important de l’économie circulaire et réconcilie économie et environnement. Selon le ministre bruxellois de l’Economie, Didier Gosuin, « il faut que l’économie circulaire entre dans les stratégies des entreprises et que celles-ci commencent à en voir les avantages ». En échange, il compte revoir les mécanismes d’une partie de l’aide à l’expansion économique (25 millions d’euros en tout) en fonction de cette économie circulaire. L’économie circulaire devrait créer 5.000 à 6.000 emplois d’ici la fin de la législature à Bruxelles.