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L’économie circulaire ? L’entreprise est preneuse !

Si cela ne tenait qu’à la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), notre plat pays serait à la pointe de l’économie circulaire avant la fin de l’année 2030.

Ces ambitions ne font pas peur à l’organisation patronale. Pieter Timmermans, son administrateur délégué, se confie au Trends : « La circularité est la clé de voûte d’une économie saine et résistante. » C’est pourquoi la FEB a rédigé une note de vision comprenant cinq objectifs.

La Belgique doit garantir une disponibilité maximale des matériaux avant la fin de l’année 2030. Notre pays doit également devenir le fer de lance de la conception et de la production circulaires, des modèles d’utilité circulaires, du recyclage de qualité supérieure de matériaux et de l’emploi de facteurs favorisant l’économie circulaire. P. Timmermans ajoute : « Nous voulons également jouer le rôle de locomotive circulaire à l’échelle européenne. »

L’économie circulaire, grande pourvoyeuse d’emplois

L’économie circulaire est une grande pourvoyeuse d’emplois dans notre pays. En Flandre, elle devrait créer 30 000 postes de travail supplémentaires à l’horizon 2030. Mais la Wallonie place également beaucoup d’espoir dans l’emploi circulaire.

En Flandre, l’emploi créé dans l’économie circulaire croît plus rapidement que le marché global du travail. En 2010 et 2016, l’économie circulaire a généré 6,4 % de jobs supplémentaires alors que la croissance dans l’ensemble du secteur économique s’est limitée à 2,7 %, a calculé le Steunpunt Circulaire Economie. Et cet écart est sans doute sous-estimé, observe le chercheur Kris Bachus (KU Leuven). L’étude n’a pris en compte en effet que les activités purement circulaires.

D’ici à 2030, le Steunpunt prévoit que l’économie circulaire créera quelque 30 000 jobs.
Le plus gros potentiel de création d’emplois se situe dans les secteurs circulaires de la réparation de machines.

Il est frappant de constater que 85 % des emplois actuels dans le secteur circulaire en Flandre sont exercés par des hommes. Une grande partie d’entre eux ont tout au plus un diplôme de l’enseignement secondaire. Les chercheurs l’expliquent par le caractère manuel du traitement des déchets.

Selon la Fondation Roi Baudouin, la Flandre compte — directement et indirectement — environ 148 000 emplois dans l’économie circulaire, soit 7,5 % de l’emploi total. à Bruxelles, on en dénombre quelque 58 000 et en Wallonie plus ou moins 56 000.

La Wallonie accuse donc un retard par rapport aux autres régions, mais le sud du pays entend bien le rattraper. Les emplois dans l’économie circulaire sont en effet, pour une grande partie, moins susceptibles d’être délocalisés. Ils sont donc beaucoup plus stables et offrent des possibilités pour les travailleurs des secteurs en déclin.

Le modèle d’entreprise circulaire est plus complexe

Faire fonctionner une entreprise selon un véritable modèle circulaire est bien plus complexe que de la gérer de manière traditionnelle.

« Il faut en effet comprendre tous les rouages de la chaîne de vos fournisseurs et celle de vos acheteurs », comme l’ont souligné Giulia Caterina Verga, research teaching assistent à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), et Jean Mansuy, research associate de la Vrije Universiteit van Brussel (VUB) lors d’un webinaire sur l’économie circulaire à la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).

Jean Mansuy explique : « Une entreprise circulaire doit connaître la provenance complète de ses matières premières. Elle doit également savoir ce que ses clients vont faire ensuite des produits finis. Sinon, impossible de boucler la boucle. »

«Une solution est de prendre à sa charge une plus grande partie de la chaîne de production ou de choisir des fournisseurs engagés en ce sens », souligne encore Jean Mansuy.

«Une entreprise circulaire ajoute également une dimension supplémentaire à sa mission », font remarquer Giulia Caterina Verga et Jean Mansuy. « Il ne s’agit pas seulement d’apporter une valeur ajoutée pour laquelle vos clients sont prêts à payer. Il faut concevoir et fabriquer les produits en utilisant les matières premières de manière efficiente. Par exemple, en faisant en sorte d’allonger la vie de vos produits, de permettre de les réparer ou de leur donner une seconde vie pour d’autres usages. »

Giulia Caterina Verga ajoute : « Nous devons à cet égard éviter un piège classique : consommer plus parce que les produits sont meilleurs. »

Une idée pour vos vieilles chaises

Vous ne savez pas quoi faire de vos vieilles chaises ? Peut-être trouverez-vous l’inspiration sur la page Facebook de Jamy Ivens de Lokeren. Ce fan de vélo a eu l’idée de les peindre aux couleurs d’anciennes équipes cyclistes.

Une chaise marron-noire-blanche de Molteni ? Ou un exemplaire blanc-bordeaux de Faema ? Ou bien un modèle jaune-bleu IJsboerke ? Ces chaises rétro raviront à coup sûr les amoureux de la petite reine.

L’idée lui est venue après avoir déniché de vieilles chaises de café et il a réussi à combiner sa passion pour le vélo avec sa formation de peintre-décorateur

Vous êtes tenté ? Pensez alors à faire appel à l’expertise de la société Nnof, qui redonne une nouvelle vie au mobilier de bureau.

La Flandre et la Wallonie misent sur l’économie circulaire

Les gouvernements flamand et wallon mettent toutes voiles dehors dans la transition vers l'économie circulaire. C'est d'ailleurs la seule solution : si nous voulons sauver la planète, nous devons veiller à ce que les matières premières restent le plus possible dans le circuit économique au lieu de les soutirer chaque fois à la terre.

En Flandre, la transition vers une économie plus circulaire fait partie des sept priorités de « Vision 2050 », le document stratégique qui définit des objectifs transversaux à long terme.

La Société publique flamande pour les déchets (OVAM) a créé la cellule « Vlaanderen Circulair » pour accompagner la transition en soutenant la constitution de partenariats et la propriété partagée. La cellule rassemble aussi les connaissances et confie des missions de recherche ciblée présentant un intérêt pour la politique. Enfin, elle stimule l’innovation et l’entreprenariat dans le domaine de l’économie circulaire.

La Wallonie ne reste pas non plus les bras croisés. Des parlementaires de divers partis ont rédigé, avec la Fondation Roi Baudouin, un rapport soulignant l’importance de l’économie circulaire. D’ici 2030, la transition doit permettre de réduire de 30 % les besoins en matières premières primaires et de moitié les émissions de CO2. En outre, elle peut créer à court terme 36 000 nouveaux emplois, rien qu’en Belgique.

Pour accélérer la transition, les auteurs plaident pour l’institution d’un ministère de l’économie circulaire, la stimulation de l’achat de biens circulaires par les autorités publiques et le rassemblement des divers acteurs concernés par l’entreprenariat circulaire.

 

Les grandes entreprises se lancent dans l’économie circulaire

Le monde n’est pas complètement perdu, que du contraire. Lauren Phipps de GreenBiz Group, analyste en économie circulaire, décrit dans un article posté sur le site internet de l’organisation quelques tendances constatées en 2018 nous permettant de garder espoir.

Phipps a constaté trois grandes tendances principales. La première a trait à la pollution mondiale en matière de plastique. En 2018, cette problématique a non seulement été portée à l’agenda de grandes entreprises, mais celles-ci se sont également engagées à entreprendre des actions concrètes. Tout a débuté avec une prise de conscience au niveau mondial que le problème du plastique à usage unique était bien réel et a débouché, en novembre, à une vision commune partagée par plus de 275 fabricants, revendeurs, entreprises de recyclage, pouvoirs publics et ONG, dans le but de s’attaquer à la pollution engendrée par le plastique.

Une deuxième tendance, également applaudie par Phipps, est la réaffectation des vêtements. Une disposition qui s’est imposée de manière extrêmement rapide. Les marques de vêtements se démarquent déjà en donnant une deuxième vie à leurs vêtements usagés, en les proposant à la vente sur certaines plateformes en ligne. Au niveau mondial, le marché de la vente des vêtements de seconde main est estimé à 20 milliards de dollars, un montant qui pourrait augmenter annuellement de 15% durant les cinq prochaines années.

Phipps constate une troisième évolution positive au niveau des actions dans le but de prolonger la vie des produits, malgré le fait que les entreprises ont tout intérêt à vendre toujours plus de nouvelles marchandises. Un exemple en est la vente de pièces détachées organisée par Motorola, dans le but de permettre la réparation des articles électroniques. Vous pouvez consulter l’analyse complète de Lauren Phipps en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://www.greenbiz.com/article/these-3-big-circular-economy-stories-2018-offer-hope-2019.

ECOCIR AWARDS 2019

ECOCIR AWARDS 2019

À tous ceux qui se sentent une âme d’acteur de l’économie circulaire, il est temps de penser à déposer son dossier.

Initiative organisée par la « European Platform of Circular Economy », les ECOCIR Awards visent à récompenser l’engagement de tous ceux qui s’investissent en matière d’économie circulaire. Entièrement gratuit, le concours est ouvert par secteurs : école, commune, entreprise… Il suffit de remplir le formulaire d'intention de participation disponible sur le site et de déposer le dossier de présentation au plus tard le 1er février 2019 via info@ecocir.be.

Des banques se mettent au diapason de l’économie circulaire

Certaines banques se posent désormais en tant qu’intermédiaires de l’économie circulaire. Pour le bien des entreprises et des investisseurs.

L’économie circulaire devient un secteur de l’économie incontournable. C’est pourquoi de plus en plus de banques se posent la (juste) question : comment faire en sorte que les investissements à risque dans les activités circulaires soient financés ? Mais aussi, comment faire en sorte que les entreprises soient plus nombreuses à se tourner vers ce type d’économie ?

Toutefois, financer un projet d’économie circulaire reste encore hasardeux pour beaucoup d’institutions bancaires. Même si une véritable prise de conscience quant au bénéfice à encourager une économie juste et solidaire, respectueuse de l’environnement, fait son chemin. D’autant que les plateformes de crowdfunding et le secteur des FinTech se montrent efficaces à cet égard. Les institutions bancaires se doivent donc de prendre le train en marche, notamment en augmentant leur expertise technique : évaluer le niveau de circularité d'un produit, son espérance de vie, sa valeur, ses possibilités de rentabilité à long terme…

Un exemple ? BNP Paribas Fortis a mis en place un centre de compétence, le « Sustainable Desk », consacré à l’économie circulaire afin d’évaluer les risques différemment. Une expertise déployée ensuite au service d’autres entreprises, pour susciter de nouveaux projets et des synergies dynamiques.

3 idées circulaires à mettre en place au boulot

Tous les gestes, même les plus petits, comptent pour la promotion de l’économie circulaire. Des initiatives simples sont même très faciles à mettre en place au boulot.

> Un réfrigérateur anti-gaspillage
Avec l’accord de la direction, pourquoi ne pas installer un réfrigérateur pour réduire le gaspillage alimentaire dans l’entreprise. Entrées, plats et desserts invendus le midi dans le restaurant ou la cantine pourraient bénéficier aux salariés qui le désirent. Les plats qui ne trouveraient pas preneur serait alors distribué à des associations pour sans-abris.

> Un vide-grenier entre collègues
La tendance est au vintage et à la récup’. Deux à trois fois par an, organisez un vide-grenier au boulot. Peut-être flasherez-vous sur la table de travail ou la chaise de salon de votre collègue ? L’occasion également d’aller à la chasse aux trouvailles : vélo d’enfant, électroménager, bouquins, vêtements… et d’ajouter un peu de convivialité entre collègues. Quant au mobilier de bureau de l’entreprise, faites appel à Nnof pour lui donner une nouvelle jeunesse !

> Un Repair café au bureau
Il y a sans doute parmi vos collègues des férus de couture, de bricolage, d’électronique, de jardinage… Quant à vous, votre dada c’est la cuisine. Organisez un échange de bons procédés pour renforcer les liens : votre grille-pain remis en état contre une quiche au saumon ! Réparer, échanger, partager… Que du plaisir !

Comment l'économie circulaire profite aux entrepreneurs

Comment l’économie circulaire profite aux entrepreneurs

Un livre belge analyse les bienfaits et le mode de fonctionnement de l’économie circulaire. De quoi convaincre les derniers indécis !

Didier Pierre, président du conseil de direction de PMC, est convaincu depuis longtemps des bénéfices que l’économie circulaire peut apporter à l’entreprise, et plus largement à la société. Il a donc pris la plume pour rédiger un traité passionnant et pratique sur ce type d’économie devenu prioritaire pour une planète plus saine.

« Eeuwige winst: Hoe circulaire economie werkt voor ondernemers », co-écrit avec Geerdt Magiels et édité chez Lannoo Campus (en néerlandais uniquement pour l’instant), est un livre qui agit comme une piqûre de rappel auprès des entrepreneurs : il est temps de penser en termes de durabilité et d’économie circulaire pour un avenir responsable, respectueux de l’environnement et des personnes. L’ouvrage se consulte tel un guide pratique, découpé en plusieurs chapitres : les principes, les différentes étapes pour l’adopter, la réalité sur le terrain de l’entreprise, les enjeux économiques… En répondant à des questions logiques et compréhensibles, Didier Pierre apporte son expertise et son analyse tout en délivrant un vrai message d’espoir et d’optimisme.